Disney&Pixar

Lorsque Pixar put enfin réaliser son premier long métrage Toy Story, Disney fut la première compagnie sur les rangs pour en assurer la distribution. C'est alors que débuta une collaboration fructueuse et intelligente. L'innovation et le talent artistique de Pixar alliée à la puissance marketing d'un Disney toujours en mal de renouvellement. L'histoire d'une success story remplie de conflits d'intérêt et de gros sous. Les chroniques du business entre deux nababs de l'animation.
GOD MONEY
Lors du début de la préparation de Toy Story en 1991, un premier accord est signé entre Disney et Pixar. Ce texte institue un partenariat de production et de distribution pour trois films. Disney finance à hauteur de 50% les films Pixar et récupère environ 50% des recettes - des spécificités contractuelles venant tempérer la clause. La firme conserve cependant une entière indépendance créatrice vis-à-vis de la grande souris. Le contrat stipule, outre l'utilisation de son réseau de distribution, que Pixar aura accès à un certain nombre d'infrastructures, aux contacts et à la notoriété de Disney. En échange, la firme aux grandes oreilles reçoit, en plus du pourcentage sur les recettes, une part sur les produits dérivés. Elle peut ainsi utiliser les personnages Pixar pour leurs parcs d'attractions. Cet accord s'est vu renégocier et compléter en 1997, peu avant la sortie de 1001 Pattes, pour l'étendre sur cinq films supplémentaires, les autres termes restant inchangés. Cette dernière version du contrat prenant fin en 2005 avec la sortie de Cars, des négociations entre Disney et Pixar ont été entamées depuis 2003, mais sans aboutir, la firme à la lampe préférant pour l'instant conserver d'autres options ouvertes.
UNE GUERRE DE TRANCHEE
Forte de ses succès et du secteur porteur dans lequel elle évolue (Rien qu'en 2004 Shrek 2 et Gang de Requins ont rapporté des sommes phénoménales), la société Pixar sait qu'elle se trouvera en position de force dans n'importe quel cas de figure. Un clash mêlant gros sous et ego respectifs entre Steve Jobs et Michael Eisner – l'actuel patron de Disney – aurait gelé pour l'instant les négociations, mais rien ne semble perdu de chaque côté de la balance. Evidemment, Disney aurait tort de laisser filer John Lasseter et ses complices, même si – en cas d'échec – deux suites pour Toy Story sont en préparation sans l'aide de Pixar. Stratégie à double tranchant puisqu'en contrepartie de l'autonomie, Pixar perdra les ressources marketing d'un Disney dont l'efficacité en la matière n'est plus à prouver. A cela s'ajoute la retraite de Michael Eisner en 2006, dont la fin de règne a été marquée par une crise sérieuse de l'animation traditionnelle. Disney – manquant actuellement d'une clairvoyance de son industrie – serait avisée de remplacer Eisner par un Steve Jobs visionnaire et créatif, rapprochant de facto Pixar et Disney. Rien n'est mort.
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